Puerto Cabello

Publié le par Claire Seguin

Puerto Cabello

Gestion portuaire de Puerto Cabello, au Venezuela, avec le regard d’Hugo Chavez, comme sigle de l’Etat, sur le bâtiment administratif.

Puerto Cabello est une ville portuaire du nord du Venezuela, à environ 120 kilomètres de Caracas, sur la côte, en direction de l’ouest. Situé dans l’Etat de Carabobo, Puerto Cabello est le plus grand port du Venezuela et un point nodal pour l’industrie pétrolière du pays. Ouvert dès le XVIIème siècle par les aventuriers du Nouveau monde, il est longtemps resté sous influence espagnole et sujet à des attaques de trafiquants néerlandais, qui faisaient la contrebande du cacao dans les Caraïbes. A la fin du XVIIIème siècle, il devient le port le plus fortifié du Venezuela et le château San Felipe comme la forteresse Solano toujours en place sont des témoignages de cette période. Il doit son nom « Cabello », qui signifie « cheveu », au calme extrême de sa baie, où les marins disaient pouvoir amarrer leurs bateaux avec un simple « cheveu »… Malgré son activité industrielle, Puerto Cabello devient depuis quelques années une étape touristique, attirant les curieux avec sa vieille ville coloniale, ses fortifications et surtout ses plages…

Trajet jusqu’à Puerto Cabello depuis Caracas

J’ai entrepris un déplacement de quelques jours jusqu’à Puerto Cabello depuis Caracas, pour me faire une idée sur les entreprises portuaires du Venezuela. Le trajet se fait en deux temps. On se rend d’abord à Valencia en bus, où l’on prend ensuite une correspondance pour Puerto Cabello à la gare routière. A Caracas, où les terminaux de bus sont multiples, c’est La Bandera qui fait office de gare routière pour les bus en partance pour Valencia. 

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La gare routière de La Bandera, Caracas.

Le quartier de La Bandera est un quartier situé au sud de la Plaza Venezuela de Caracas, accessible en métro (Station La Bandera), mais qui est aussi un quartier défavorisé où il est préférable de ne se rendre que de jour (de six heures du matin à six heures du soir environ). La sortie du métro La Bandera débouche sur une artère très passante, surplombée par ces maisons vénézuéliennes de parpaings de brique montés à cru, sans revêtement, et dont les joints de ciments restent apparents. Dans bien des cas, les fenêtres semblent être en option. Caractéristiques de l’habitat populaire de Caracas, elles donnent leur couleur rouge aux collines qui entourent le centre ville.

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La sortie du métro La Bandera, à Caracas.

Pour se rendre à la gare routière, il faut tourner à gauche en direction de la sortie de ville et marcher environ deux cents mètres. La circulation est intense sur la voie qui mène à la gare routière mais les passants sont tout aussi nombreux, malgré un nœud de voies rapides. De nombreux marchands ambulants contribuent à l’effet de foule et donnent à la rue un aspect plus humain.

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Cour intérieure de la gare routière de La Bandera, à Caracas.

La gare routière de La Bandera, en étages, est accessible par une rampe qui donne accès à un grand hall où se trouvent certains guichets de vente des billets et des échoppes alimentaires. Ancienne, la gare paraît très désuète en regard de bien des gares routières brésiliennes, uruguayennes ou chiliennes. Les billets pour Valencia s’achètent directement auprès des chauffeurs de bus, en redescendant au niveau du rez-de-chaussée par des escaliers. Le trajet Caracas-Valencia, en mai 2014, était vendu à 100 BsF. A Valencia, la gare routière est mieux organisée et l’on retrouve le côté pratique que l’on remarque ailleurs en Amérique du sud. Les affiches publicitaires se chargeant de l’éducation populaire restent cependant très impressionnantes, par leur abondance comme par leurs thématiques.

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L'intérieur de la gare routière de Valencia.

Le trajet Valencia-Puerto Cabello est plus modique et plus rapide. Vendu de 45 à 50 BsF, il se fait en une heure environ, alors que le trajet Caracas-Valencia demande deux heures et demie. Les correspondances sont immédiates, les départs entre les deux villes ayant lieu toute la journée. A Puerto Cabello, le terminal des bus est situé un peu en dehors du centre ville, Calle 14 Urdaneta, une rue perpendiculaire à l’Avenida 5 Bolivar, la grand-rue de Puerto Cabello. Il est préférable de prendre un taxi pour rejoindre son hôtel, mais les trajets sont courts et les prix modiques.

Le plan de Puerto Cabello 

 

Puerto Cabello

Photographie d’écran : le plan de Puerto Cabello.

En dépit de son statut de principale ville portuaire du Venezuela, et compte tenu de ses quelques 200 000 habitants, Puerto Cabello fait l’effet d’une cité de dimension modeste, dont le centre ville ne compte pas plus qu’un noyau de petites rues très animées, bordées uniquement de boutiques modestes et ouvertes sur la rue. Elles sont toutes situées à la croisée de l’Avenida 5 Bolivar et de la Calle 14 Urdaneta.

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Petite boutique ouverte sur la rue à Puerto Cabello : le snack à côté de l'hôtel, où j'ai passé trois nuits.

La plupart des boutiques ont un caractère très populaire. Ce sont des bazars, de petites échoppes croulant sous l’accumulation des marchandises, des buffets où se restaurer rapidement, dans une atmosphère orientale, bruyante, très ouverte sur la rue et la sociabilité.

Contrairement à l’idée que l’on pourrait s’en faire d’après les notices touristiques que l’on trouve sur internet, le centre ville actif est aussi très distinct de la vieille ville coloniale, aux rues charmantes mais désertes, qui se trouvent dans la péninsule, au-delà de la Plaza Bolivar (en vert sur le plan) où se dresse la mairie de Puerto Cabello (le long de la Calle Ricaurte), et jusqu’à la Calle Zea. Le front de mer est longé par le Paseo El Malecon, lieu de promenade et de rencontre dans la ville ancienne.

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La Plaza Bolivar, avec en arrière plan, le Monument des Proceres.

La vieille ville coloniale

La vieille ville coloniale s’étend au-delà de la Plaza Bolivar, qui s’ouvre sur le front de mer et qui est bordée par la Mairie de Puerto Cabello. Il s’agit d’une grande place ensoleillée, dont la statuaire évoque les héros de la conquête espagnole. La cathédrale San José, érigée au XIXème siècle, en bout d’esplanade complète l’ensemble architectural.

 

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Petite rue coloniale à Puerto Cabello, avec ses maisons à balcon.

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Bâtiment commercial maritime de la Plaza Salom, Puerto Cabello.

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Intérieur monumental d’un édifice colonial de la Plaza Salom, Puerto Cabello.

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Iglesia Nuestra Señora del Rosario, à Puerto Cabello (et à proximité d’un commissariat de police).

Le port de Puerto Cabello

L’activité portuaire de la ville est très sensible dans l’architecture de Puerto Cabello, que ce soit par la présence de la capitainerie du port en pleine ville, Plaza Juan José Flores, ou par celle d’édifices liés au commerce maritime, qu’ils soient anciens ou modernes. Certains sont magnifiques et leur architecture contribue au charme de la vieille ville coloniale, à laquelle ils donnent une touche de solennité.

 

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Capitainerie, Puerto Cabello.

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Compagnie maritime, Puerto Cabello.

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La Gestion du port de Puerto Cabello est dirigée par le gouvernement vénézuélien.

La propagande révolutionnaire à Puerto Cabello

Même dans une ville secondaire comme Puerto Cabello, la propagande révolutionnaire du régime vénézuélien est présente dans les rues de la ville. Il est toujours émouvant de voir l’effort d’éducation populaire qui est fait en direction des classes sociales les plus modestes ou les plus provinciales.

 

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Les portraits des héros de la Révolution sur une palissade de Puerto Cabello.

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Programmation culturelle sur un mur de Puerto Cabello.

Publié dans Venezuela

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