Comment aller en Grèce : le bateau.

Publié le par Claire Seguin

Comment aller en Grèce : le bateau.

Un ferry dans le port d’Ancône.

A mon avis, le bateau est très souvent la meilleure option, à partir de l’Italie, pour ceux qui se lancent dans un circuit itinérant, compte tenu du prix de l’essence qui est à peu près le même partout (malgré de petites variations),  et compte tenu aussi de la fatigue de la route. Il est presqu’impossible de faire le trajet en voiture d’une seule traite. La location d’une cabine n’est pas plus chère que celle d’une chambre d’hôtel. Elle n’est pas non plus obligatoire sur le bateau, du moins pour les bourlingueurs. Le repos sur le bateau, lui, est complet.

Pour les voyageurs à pied, le confort du bateau, même avec un billet « Deck » (sans cabine, mais très économique), est bien supérieur à celui d’un éventuel bus.

Les ports italiens qui offrent des possibilités d’embarquement sont nombreux : Venise, Trieste, Ancône, Bari, Brindisi, … Les ports grecs (ou albanais) sont : Durrës (Albanie), Igoumenitsa, Patra, Le Pirée… Chacun décide de sa traversée en fonction de son projet de voyage.

J’ai fait l’expérience de trois trajets : Venise-Patra, Ancône-Patra, Durrès (Albanie)-Bari. Les commentaires qui suivent sont surtout indicatifs des questions à se poser au moment de faire son choix sur une traversée : lieu d’embarquement, durée de la traversée, heure d’arrivée à destination (qui n’est pas toujours très bien indiquée), etc.

Départ de Venise :

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Le ferry pour Patra au départ de Venise, port de Mestre.

C’est la compagnie Anek Lines qui assure la ligne Venise-Patra. Le port de départ, en Italie, est désormais le port industriel de Mestre, que les ferries quittent toujours sous la conduite d’un pilote italien. La cité vénitienne, bien que lointaine, reste cependant à portée de vue, se découpant en hiver sous la ligne des sommets enneigés des Alpes, en arrière-plan.

Les départs ont lieu vers 12-14h selon les jours, parfois en fin d’après-midi. En hiver, il faut se souvenir qu’il existe au moins un jour de carence par semaine, en général le lundi (pas de bateau). Il est prudent de bien vérifier les départs et les horaires sur internet car ils peuvent varier d’un mois sur l’autre.

La ligne Venise-Patra est assurée par la compagnie Anek Lines. L’embarquement avait lieu auparavant au port de Venise lui-même, et permettait de traverser la cité vénitienne au moment du départ (une expérience extraordinaire), mais depuis le 23 novembre 2013, la ville de Venise, qui tente de lutter contre le tourisme de masse, a rejeté (avec raison) l’embarquement des ferries vers le port industriel de Mestre. Les ferries passent donc désormais au large des canaux…

Les routards à pied peuvent prendre leur billet au dernier moment, du moins en-dehors de la pleine saison. Il suffit de se présenter 2h avant le départ du bateau.

Pour les voyageurs en voiture, il est préférable d’être plus prudents. La liaison Venise-Patra est celle des camionneurs et j’ai déjà vu des ferries complets, même hors saison. Réserver sa place à l’avance semble donc plus judicieux.

La durée de la traversée est de 36h environ, avec une courte escale à Igoumenitsa, sur la côte grecque. Possibilité de louer des cabines : assez chères pour une personne seule, elles sont beaucoup plus rentables pour une famille (cabine de 4). Consulter les prix sur internet.

Routards à pied : trajet 72 € (en moyenne) pour un fauteuil « Deck ». Tout le monde dort sur les banquettes, y compris sur le pont supérieur en été.

Cafétéria à bord, satisfaisante mais assez chère. Il existe des cartes de réduction pour ceux qui font le trajet régulièrement. Pour les autres, ne pas hésiter à apporter des sandwichs ou au moins des compléments de repas : biscuits, fruits, bouteilles d’eau minérale…

A bord des bateaux : bar, boutique, possibilité de se connecter (postes internet à prix modique) mais la liaison n’est pas très bonne. Elle permet de lire son courrier ou de vérifier une information, mais pas de surfer). Sur certains bateaux, il est possible de prendre un abonnement pour quelques heures ou 24h en Wifi, lorsque l’on est équipé, avec un résultat excellent.

Arrivée vers 23h30-24h00 : C’est la difficulté du bateau de Venise, surtout pour ceux qui continuent de nuit en voiture ou à pied.

En voiture : pour Athènes, il est préférable de prendre l’autoroute, malgré le péage, qui est très modique : 1,80 à 2,50 €  selon les péages, pour une voiture de tourisme (à Patra, à Corinthe et à Athènes ; en moyenne, compter 1,50 € pour une moto et 4,60 € pour une caravane par péage). Il y a actuellement des travaux (mai 2014) sur l’autoroute entre Corinthe et Patra.

Pour les routards qui continuent sur Athènes « à pied »,  il y a un bus à 02h30 à la gare routière de Patra qui permet d’arriver à l’aube à Athènes (3h de trajet).

Selon le point d’arrivée du ferry, le trajet peut varier de 3 mn à 15 mn à pied en longeant le quai (tourner à gauche dos à la mer). La gare routière est un bâtiment en béton, assez ancien, de forme cubique, où l’on trouve une salle d’attente avec des tables et des chaises.

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La Gare routière de Patra.

Peu remarquable au milieu des autres bâtiments plus élevés, la gare routière est précédée par un immeuble Anek Lines et un grand hôtel à drapeaux, l’Hôtel Astir, situé dans un tournant, quelques mètres après la petite gare ferroviaire de Patra (à gauche, le long du quai).

Le prix du billet était de 18,90 € le 26 avril 2014 pour un Express Patra-Athènes. Le billet s’achète au guichet, ouvert pour le départ. Le bus est très fréquenté par les Grecs.

Patra est une petite ville tranquille. Il n’y a aucune raison d’avoir peur la nuit à minuit, y compris pour une femme seule, dans la mesure où les consignes de sécurité de base (et de bon sens) sont respectées : tenue sobre et suffisamment couvrante, talons plats, sac à main en bandoulière croisée sur la hanche plutôt qu’à l’épaule, ne jamais croiser le regard des hommes…

Des taxis proposent parfois des trajets, voire des hôtels…

L’arrivée à Athènes se fait au Terminal A, KTEL Kifissou, 100 rue Kifissou, qui dessert la Grèce du Nord et la Grèce du Sud (Patra, Corinthe, Sparte, Thessalonique…). On peut prendre un bus à l’arrivée, dans la gare elle-même, le 051, qui mène à la Place Omonia, au centre ville. Départ du bus à peu près toutes les dix minutes (10 à 15 minutes de trajet). Cependant, il n’y a pas toujours de guichet ouvert le matin très tôt pour acheter son billet et le chauffeur du bus n’en vend pas non plus (L’heure d’ouverture du guichet est cependant 5 heures…). Il faut donc ou attendre l’ouverture des guichets ou prendre un taxi. Le billet de bus coûte 1,40 €. Le prix du taxi doit être abordable, bien que je n’y aie jamais eu recours : compter peut-être 5 à 7 € environ pour le centre ville.

Départ d’Ancône :

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Le ferry Superfast au départ d’Ancône.

Une navette gratuite permet de se rendre à Ancône de la gare à la billetterie (qui se trouve sur le port), puis au point d’embarquement, mais celle-ci ne fonctionne qu’au moment des départs. Il est nécessaire de se référer aux horaires qui sont indiqués (et qui sont variables selon les jours). Les déplacements sont envisageables à pied pour les bons marcheurs.

Pour les voitures, l’embarquement à Ancône peut s’avérer une bonne option car le port est plus facile d’accès qu’à Mestre et la traversée est moins longue. La ligne Ancône-Patra est assurée par deux compagnies :

- Superfast : départ à 13H30 tous les jours.

- Minoan Lines : départ à 14H tous les jours.

J’ai voyagé avec les deux compagnies et le rapport qualité/prix est similaire d’une compagnie à l’autre.  Les informations sur la vie à bord du bateau sont les mêmes que pour le trajet à partir de Venise (voir ci-dessus).

Durée de la traversée : 24h. C’est le point fort du trajet puisqu’on arrive de jour, en début d’après-midi.

Pour les voitures qui continuent sur Athènes, on peut alors emprunter ou l’autoroute ou la route nationale. L’autoroute Patra-Athènes est à péage (très modique : 1,80 à 2,50 € pour une voiture de tourisme, à Patra, à Corinthe et à Athènes) mais assez rapide.

Il y a aussi une route nationale, en contrebas de l’autoroute. C’est une très jolie route touristique qui longe la côte, mais qui est escarpée et lente : choix uniquement de jour pour le paysage !

Un camping existe à une vingtaine de kilomètres à partir de Patra sur la nationale, en direction d’Athènes (entrée le long de la route) : les pieds dans l’eau/prix modiques.  Il s’agit du Tsoli’s camping, situé à Lampiri, Achaia (website en grec, anglais et allemand, avec carte pour le situer, prix, galerie de photos, etc. : www.campingtsolis.gr).

Comment aller en Grèce : le bateau.

Le bus sur le port de Patra. De jour, un bus permet de rejoindre Patra, le 18, qui assure la ligne Limani-Port (ΛΙΜΑΝΙ). Les mentions en anglais "Center of Patras" et "Bus Station to Athens" sont très apparentes sous l’abri situé devant l’accueil du port. Le ticket coûte 1,10 €.

Routards « à pied » : les bus à la gare routière sont nombreux (toutes directions). Trajet pour Athènes : 3h (voir Venise). De jour, il y a des bus à Patra qui mènent à la gare routière (pour ceux qui ne veulent pas marcher) et aucune difficulté à Athènes pour acheter son billet de bus.

Départ de Durrës (Albanie) :

 

Comment aller en Grèce : le bateau.

Baie de Thessalonique.

Située au nord de la Grèce, Thessalonique est la seconde grande ville du pays et un port important sur la mer Egée. Centre universitaire et économique, la ville a une personnalité historique très individuelle, liée à ses relations anciennes avec les Balkans. Dotée de musées et de sites remarquables (Antiquité et Moyen-âge), c’est une ville de culture lovée autour d’une baie paisible où les promeneurs aiment à s’attarder le soir…

Il existe une liaison : Thessalonique  – Durrës (Albanie) – Bari.

J’ai fait le trajet à partir de la gare routière de Thessalonique en bus : départ le matin vers 9h ; arrivée le soir à Durrës vers 21h30. Le trajet en bus s’est avéré assez long, sur de petites routes à ornières avec deux heures d’attente à la frontière de l’Albanie. En revanche la correspondance bus/ferry est bien assurée. La compagnie de bateau qui m’a permis de traverser était italienne et l’on perçoit la légère différence de culture. Mais les prestations sont similaires. Achat du billet (en euros) à Durrës au moment de partir.

A réserver aux aventureux (bus/voiture) qui veulent jeter un œil sur l’Albanie. 

 

Publié dans Grèce

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